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Tunisie : Je suis tunis, quand la culture menace le terrorisme

Tunisie : Je suis tunis, quand la culture menace le terrorisme

9 décembre 2015. L’attentat qui a eu lieu le 24 Novembre dernier est le résultat d’une série d’événements qui montrent que la Tunisie est sur la bonne voie pour établir une démocratie . L’attaque de Paris quelques jours plus tôt a montré que ce qui dérange les terroristes c’est l’art, la culture, la démocratie et l’ouverture sur l’autre. La Tunisie en ayant dernièrement reçu le prix Nobel de la paix a été un exemple qui prouve qu’une voie vers la démocratie, la liberté et la dignité est possible avec des moyens pacifiques et démocratiques. Un combat qui a commencé avec le printemps arabe. Le printemps arabe n’est que le résultat d'une conscience collective et d'une société civile capable de montrer à travers ses écrits, son art, sa culture qu’elle est capable de faire le changement. La concrétisation de ce rêve a eu lieu il y a presque un an avec l’organisation des élections présidentielles et législatives d’une façon démocratique pour la première fois dans le monde arabe. Quelques mois plus tard, il y a eu l’attentat de Bardo, un musée pas comme les autres. Il suffit de faire un tour pour comprendre l’identité et le patrimoine tunisien, des pièces d’arts qui révèlent un lien avec l’europe, les grecs, les romains, les turques, les espagnols et même la tradition pastorale qui est née en Italie à l’époque de Virgile( né 70 avant JC)et qui a également une trace dans l’histoire de la littérature humaine sans oublier l’histoire chrétienne et juive de la Tunisie.

En réalité, les terroristes veulent inculquer seulement une identité arabo-musulmane qui fait partie de l’identité Tunisienne certes mais ce n’est pas la seule et l'unique identité. Voir la Tunisie sur la voie de développement avec l’égalité hommes-femmes, le respect des libertés individuelles et surtout le tourisme qui est le signe d’ouverture fait de ce pays un pays presque occidental aux yeux des intégristes et c’est pour ça qu’ils réclament l’attentat de Tunis en considérant les victimes comme  des « mortaddin » ce qui signifie en arabe « ceux qui renoncent à leur religion.Choisir un moment crucial comme les Journées Cinémathographiques de Carthage et attaquer des gardes présidentiels qui symbolisent l’état n’est que la réflexion d’une inquiétude par rapport à la culture et la civilisation. La culture est le seul moyen de combattre l’obscurantisme, c’est cette façon de se rebeller que les intégristes ne peuvent pas contrôler, une sorte de  lumière qui illumine l’obscurité qu’ils dégagent. En enseignant la culture, l’histoire et le patrimoine, les jeunes seront capables de comprendre d’où ils viennent et comment préserver le combat des ancêtres pour aller vers l’avant et avoir un avenir meilleur basé sur la liberté, le respect de l’autre et la tolérance ; Un avenir qui ne peut pas être basé sur la peur et la mort. En allant dans les salles de cinéma, les Tunisiens répondent aux atrocités des terroristes et en déduisent que l’art, la culture, l’histoire et la démocratie sont des pré-acquis qui ne sont pas négociables même avec la vie parce que la volonté de vivre est plus forte que la mort. Comme le dit  le fameux poète Tunisien Abu Elkacem Echebbi

Lorsqu’un jour un peuple veut vivre

Force est pour le destin de répondre

Manel Msalmi

Auteur

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