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Mali : Après les combats dans le Nord, Paris renvoie les maliens à leurs responsabilités.

Mali : Après les combats dans le Nord, Paris renvoie les maliens à leurs responsabilités.

23 mai 2014. Accusée de passivité face à la reprise des combats entre l'armée malienne et les groupes armés du Nord, la France, engagée militairement dans ce pays, a jusqu'ici exclu d'intervenir directement dans un conflit "intérieur", appelant à l'ouverture "urgente" de négociations.

Pour Paris, qui compte quelque 1. 700 soldats au Mali, les affrontements qui ont fait plusieurs dizaines de morts depuis samedi à Kidal (nord-est), fief de la rébellion touareg, sont une affaire de "sécurité intérieure" malienne, sans commune mesure avec les événements qui avaient justifié l'intervention des forces françaises en janvier 2013 alors que le nord du Mali était occupé par des groupes islamistes armés.

Après avoir repoussé une offensive de l'armée malienne mercredi à Kidal, les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont revendiqué la prise de plusieurs villes du nord du Mali, faisant redouter une reprise à grande échelle du conflit, comme en 2012.

Pour le porte-parole de l'armée française, le colonel Gilles Jaron, "la force Serval n'a pas vocation à intervenir dans les questions de sécurité intérieure. C'est une force militaire tournée vers un adversaire, qui sont les groupes armés terroristes", insiste-t-il.

Les violences ont éclaté alors que le Premier ministre malien Moussa Mara effectuait sa première visite à Kidal, pour symboliser le retour de l'Etat dans cette région hors de contrôle. L'incapacité de l'armée malienne à garantir la sécurité de cette visite a été vécue comme une humiliation par de nombreux Maliens, qui ont dénoncé l'inaction des forces internationales présentes sur place.
Mercredi, la tentative de l'armée malienne de reprendre la ville s'est soldée par une déroute après de violents combats.

Pour Paris, "Serval n'est pas au Mali pour faire du maintien de l'ordre", cette mission relevant des forces de sécurités maliennes appuyées par la force de l'ONU, relève une source diplomatique.
Pourtant, le ministre malien de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga a annoncé jeudi que le Mali envisageait de demander un appui à la France, en particulier à Menaka (nord), "sous pression des groupes armés".

Depuis la reprise des combats, le gouvernement malien accuse les rebelles touareg d'être "appuyés par les terroristes d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) et des narcotrafiquants".
Des accusations rejetées par le MNLA, qui réfute toute collusion avec des jihadistes.
Selon Pierre Boilley, historien spécialiste de la question touareg, "il y a effectivement des regroupements de salafistes qui veulent profiter du désordre", mais le MNLA "a retenu la leçon et craint profondément le retour des jihadistes".

La France, qui a appelé à la fin des hostilités, insiste pour sa part sur l'ouverture de pourparlers entre Bamako et les groupes armés, au point mort depuis des mois. Pour le Quai d'Orsay, "il est urgent que les parties reviennent à la table des négociations afin d'éviter une escalade" du conflit.

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